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L’Etat malien va devoir apprendre à compter, à s’affirmer, à réagir…Le Nord-Mali n’est pas encore devenue cette entité, mais déjà, il possède des identités multiples. Désormais, il y a une problématique de la citoyenneté que l’on retrouve dans le comportement de certains habitants.

Tout se passe comme si les effets collatéraux de la guerre imposée agissent comme des accélérateurs de particules. Arrêtons-nous un instant sur ces fragilités constatées dans le tissu social dans cette région du pays sous peine de manquer quelque chose d’important dans nos analyses sur le futur. N’est- ce- pas que dans la déclaration de Bamako lue le 25 novembre 2011 au CICB sur le rôle et la responsabilité des médias en cette période  électorale, les déclarants, parmi les recommandations prises, demandèrent d’inscrire les actions de la presse dans le nécessaire rôle d’informateur au service du public ? Soit. Moins de deux mois après, c’était l’impact d’une nouvelle rébellion au Nord. Que l’histoire nous montrait-elle alors ? Que c’était un rapport de forces que toutes les rebellions cherchaient pour en arriver à une promotion politique. Le relâchement politique a eu pour solde l’arrogance de l’irrédentisme touareg. Est-il temps de relever certaines vérités interdites ?

 

La région prend les allures d’un champ de mines

Ibrahim Boubacar Keïta nous aura appris une chose : « Dans ce pays, chacun se sait et chacun est un ». On peut prendre ça comme un cri d’alarme de citoyen qui ne veut plus que les choses se passent ainsi. Revenant sur l’insécurité au Nord-Mali, nous reviendrons sur les incidents liés à la milice songhaï « Gandaïso » du jeudi dernier dans un campement touareg, dit-on. N’oublions pas qu’il y avait eu, il ya de cela quelques jours à Kidal, des incidents similaires qui ont fait que l’un des chefs Ifoghas avait promené ses ressentiments parce que, se disait-il, les hommes du Colonel Gamou s’étaient permis un crime de lèse-majesté sur le territoire en « fouillant » dans leurs affaires à Kidal. Qu’est -ce à dire ? Que ce sont de nouvelles formes de  répression qui ont cours et qui deviennent une lutte sourde et permanente, parce que fratricide entre les Ifoghas, la tribu Imghad et les autres. La situation est ainsi que les nomades ayant trouvé refuge dans des campements sont livrés aux rigueurs du vent chaud du désert et aux humeurs d’hommes peu scrupuleux. Autre exemple : une querelle au sommet de l’Etat aurait pu éclater. A la représentation nationale à Bagadadji, un de nos honorables députés très haut placé dans la hiérarchie portait le soupçon…des  siens. Une altercation a eu lieu au sujet de son appartenance ou pas à la ligne des séparatistes du MNLA.

L’affaire ne ressemble pas à une de ces embrouilles communautaires, car les uns et les autres s’épient. Repérage par affichage ? Ce serait trop simpliciste, hélas. Un clan, dirons-nous, détient les clés de la crise au Nord : les Ifoghas. Malheureusement, il n’est pas sûr que les chefs soient encore décidés à abandonner l’attentisme égoïste qu’ils ont manifesté parfois. La fuite devant les problèmes ne règlera  rien. Ces querelles intestines ou « florentines » (qu’en savons-nous ?) recouvriront un potentiel de déstabilisation majeure dans la région sahélo-saharienne. Les vraies questions ne sont pas encore posées. Nous nous trouvons dans une région où Dame Nature a trouvé un couplet avec les hommes. Les dunes changent de position ici au gré des vents. Est-ce une recomposition sociologique amenant d’autres rapports qui se meuvent ? Dans les communautés vivant au Nord, les différentes tribus cherchent un repère pour choisir le futur. Nous avons appris cette anecdote. Le Colonel Keïta, qui tient l’honneur de nos armées sur place à Gao et qui ne ferait que son devoir de soldat  a eu à arrêter deux trafiquants notoires. Il les enjoignit de quitter la région on les stigmatisant d’avoir, eux et leurs tribus, porté les armes contre la République. Ce qu’on assume ici avec lui, c’est que personne ne s’éloigne du principe de faire gagner la maison Mali dans cette affaire. Quelqu’un a relevé la faute politique du MNLA dans la montée de ses couleurs dans les villes momentanément occupées. Etrange ressemblance avec le drapeau du CNT libyen. Absence de l’Etat dans ces contrées ? Les populations n’en feraient pas grand cas, habituées qu’elles sont à ce laisser-aller, ce laisser-faire. Question : après Ménaka et Kidal, si par extraordinaire Ansongo venait à tomber aux mains des rebelles, l’Azawad ne deviendrait-il pas une entité physique ? Le MNLA a d’autres problèmes à résoudre, pour l’heure. Nous ne parlons même pas de l’heure de Tessalit qui arrive, le torchon brûlant en ce moment entre ce qu’on appelle l’aile politique du MNLA et les combattants sur le terrain invités à revoir leur traité avec Iyad et la tactique de notre armée restant dans la condensation des efforts…

S.Koné

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